Chemin des Artistes 2008 - Les Itinéraires pour Art dans le languedoc


Chemin des Artistes 2008
- Les Itinéraires

DES TERRES ROUGES À LA FORÊT


Sur le plateau qui domine la Salz, le Causse et Coumeille portent les vignes qui mènent à Cassaignes où naquit le poète occitan Louis Casimir Clottes. Le sentier des capitelles rappelle la tradition pastorale du plateau, mais les vignes ont remplacé les troupeaux. Peyrolles, a érigé un totem dans cet univers rocailleux, la légende dit que la peyro dreïto murmure l’histoire du pays à ceux qui connaissent le langage des pierres. À Serres, la vigne butte sur les Hautes Corbières. Comme pour remplacer le vin, le massif s’exprime en ces lieux dans le rougeoiement de la terre qui monte vers Arques. Le village de Déodat Roché bénéficie de la forêt de Rialsesse jusqu’au Paradis. L’arboretum du Planel regroupe les essences qui peuplent le massif. Au-delà du col d’al Bouich - col du bois - Rennes-les-Bains se détend au rythme de ses thermes à la température douce ou forte selon les sources. Le village maintient la flamme du thermalisme dans le département et accueille la Salz qui descend de Sougraigne. La rivière naît d’une source salée qui fut, en son temps, sévèrement gardée par les gabelous du roi. Chaque été, la fontaine salée revit son histoire le temps d’une randonnée.


LA BLANQUETTE ET L’AUDE


Au XIIIe siècle, les diligences s’arrêtaient au Domaine de Mournac. Les uns allaient méditer à la chapelle, les autres se ressourçaient à l’auberge, avant de redescendre dans une vallée qui allait devenir, quelques siècles plus tard, le berceau des couvre-chefs. Fa, et sa tour wisigothe, donnent le la pour découvrir les prairies qui ouvrent l’espace accompagnant le Faby qui court à la rencontre de l’Aude.
Espéraza garde la mémoire des chapeaux dans son musée où il y en a pour les fortes têtes comme pour les têtes bien faites. Les unes comme les autres devaient volontiers se détendre aux thermes de Campagne-sur-Aude. Le village s’adonne désormais aux effervescences de la Blanquette en se remémorant les temps préhistoriques où les dinosaures écumaient la combe Marty.
&Aàgrave; contre courant de l’Aude, Quillan a tout fait pour garder son industrie, du bois d’abord, du stratifié ensuite. Mais les temps, comme les fleuves, emportent tout sur leur passage, même les âges d’or. Il ne reste plus qu’à s’en créer un autre et le bois est toujours bien présent dans les montagnes environnantes pour voir naître enfin la filière. Au fil du fleuve, les embarcations légères et ludiques ont remplacé les radeliers.





DES VIGNES ET DES TROUPEAUX


À l’extrémité du plateau, Saint-Ferriol hésite entre le vallon boisé de son ruisseau et les vignes qui s’étendent depuis l’Aude jusqu’à Granes où le vignoble s’appuie sur le serre de Lauzet. Entre les deux villages, la vie est rythmée par les coups de sécateur, de la taille à la vendange, avant de se fondre dans la méditation des futailles.
Au moment où la terre s’élève, l’élevage s’installe à Saint-Just et à la jasse du Bézu. Le sentier Cathare vit passer ces bergers hérétiques et pasteurs du refus des fastes religieux, qui montaient imperturbables, sous l’œil des templiers guettant depuis leur château sur le Serre Calmette, vers le col du Vent. Ici, passait déjà le souffle d’une liberté espérée dans un royaume de coexistence. La forêt protectrice a repris ses droits aux abords de l’ancien royaume d’Aragón. Saint-Louis et Parahou fut le siège des échanges commerciaux et culturels entre Occitanie et Catalogne. Les bergeries ponctuent ici et là les prairies qui tentent d’exister au milieu d’un couvert forestier toujours grandissant.


LA RONDE DES PLATEAUX


Au pied du plateau de Bouichet, Rouvenac compte ses moulins qui produisaient le plâtre tandis que Saint-Jean de Paracol compte ses moutons avant la grande transhumance vers le Sud montagnard.
Brenac constitue le trait d’union entre Bouichet et le Quercorb, et Nébias se trouve toujours habité par ses personnages de contes et légendes distillés dans sa petite Brocéliande karstique. L’eau est la reine au sein de cette succession de calcaires creusés de galeries où les sapinières proches puisent leur énergie.
Le bois a toujours servi les intérêts des populations locales, mais aussi des grands projets. Les ingénieurs du XIXe siècle projetaient de faire gravir les flancs de calcaire par la voie ferrée qui devait rejoindre Montlouis, mais le projet ne vit jamais le jour. En revanche, la route Vauban a longtemps été le seul accès de la vallée de l’Aude vers le Capcir. Cette route stratégique rejoint Coudons, porte du Pays de Sault au pied duquel, Ginoles vit sur une planète méditerranéenne en regardant sa source thermale courir vers l’Aude qui ne voit plus passer les radeliers.